Les sociétés financières viennent de publier leurs résultats trimestriels.
Les marchés accueillent les résultats avec enthousiasme…pas nous !
Pourquoi ?
1) Dégradation de 60% sur la dette publique grecque :
Les banques françaises ont décidé de valoriser la dette publique grecque à 40%.
Autrement dit, d'accepter une perte de 60% des prêts apportés à la Grèce.
Malheureusement, nous pensons que la décote de 60% ne suffit pas…
2) Allègement du bilan bancaire sur les dettes européennes :
Les banques ont réduit leurs expositions aux dettes souveraines européennes.
A court terme, c'est une bonne nouvelle sur le bilan bancaire.
Malheureusement, la stratégie des banques consistant à vendre précipitamment des dettes européennes en moins values n'augure rien de bon pour nos économies.
Premièrement, la vente précipitée des dettes européennes en moins values prouve le pessimisme quant aux capacités des Etats à rembourser leurs dettes.
Autrement dit, vendons aujourd'hui en moins values car demain ce sera pire !
Deuxièmement, la vente des dettes européennes est un signal très négatif pour les Etats européens emprunteurs qui ont besoin d'argent frais très régulièrement.
Autrement dit, qui va dorénavant acheter les nouvelles dettes européennes ?
3) Renforcement des fonds propres bancaires :
Compte tenu de la fragilité économique actuelle, cela semble être la meilleure nouvelle publiée au cours de ce 3ème trimestre.
Les banques ont choisi de réduire voir de couper la distribution de dividendes versés aux actionnaires en 2011 pour renforcer prioritairement les fonds propres.
4) Résultat purement comptable = jeu d'écriture :
C'est ce qui nous paraît le plus surprenant !
Dans leurs résultats comptables, les banques ont dégradés d'environ 10% leurs propres obligations émises sur les marchés.
Autrement dit, je réduis le passif de mon bilan en valorisant ma dette à 90 au lieu des 100 initialement empruntés pour améliorer mes résultats comptable.
Cela ressemble de + en + un jeu de dupes...
Conclusion :
La détérioration du contexte économique va avoir un effet négatif à long terme sur la qualité des portefeuilles de prêts, les valorisations nous paraissent à ces jours beaucoup trop optimistes.
Autrement dit, les dépréciations des portefeuilles obligataires vont se poursuivre.
Dans le contexte économique actuel, nous poursuivons notre stratégie défensive en misant sur des rendements protégés.